Oh Jean Pierre comme tu me manques ! 5 ans déjà

Publié: 6 mars 2007 dans Santé et bien-être

 

Hier, après avoir raccroché d’une longue de discussion avec un autre Jean Pierre qui partait sur Lyon, J’ai beaucoup pleuré !

Ca va faire 5 ans bientôt que tu nous as laissé et j’ai réalisé hier soir pourquoi tu hantes ma vie depuis. J’ai réalisé que tu ne reviendras pas, je ne te reverrais pas, je ne t’ai pas dit au revoir…C’est sûrement à cause de ça que je n’arrive pas à décrocher, je ne veux pas t’oublier Jean Pierre… je veux pouvoir penser à toi sans une boule au creux de la gorge, une acidité dans les joues et des larmes prêtes à jaillir de mes paupières.

Je ne veux pas t’oublier je veux pouvoir penser à toi avec plaisir et quiétude. En 2 ans tu m’as plus apporté que mon grand frère ne m’a jamais donné en plus de 50 ans.

Quand t’es arrivé de Paris travailler avec nous, je ne t’ai pas fait bonne mine tu venais de chez « les autres » et j’attendais de voir venir. Ca n’a pas tardé, le courant est passé assez vite entre nous, nous sommes devenus vite complices, potaches. Notre relation de travail est allée bien au-delà, nous ne nous sommes jamais fréquentés en dehors du cadre de travail, mais nous avons partagé une qualité de relationnel qui me manque tellement aujourd’hui et que d’aucun pourraient nous envier.

Pourtant, nous n’avions au départ, rien qui puisse présager cette affection commune. Nous n’avions ni les mêmes couleurs politique, ni les mêmes convictions théologiques, ni les mêmes goûts dans les loisirs. Et cependant, nous nous sommes entendus comme deux larrons en foire, l’homonymie entre « ta blonde » et moi a dû peser dans la balance. Tu te plaisais à ironiser sur tes « carrés », …que t’étais verni, …tu ne lâchais l’une que pour retrouver l’autre et ça te faisait rire.

Je n’ai pas pu te dire au revoir Jean Pierre, c’est de ta faute. Du jour où tu es entré dans ce putain d’hôpital, tu n’as pas voulu que je vienne te voir, moi je savais indiciblement que je ne te reverrai pas, j’ai insisté pour venir, tu t’es fâché et tu as menacé de ne plus me parler. J’ai obtempéré, je ne voulais pas te perdre et tout ça par une coquetterie toute féminine, tu ne voulais pas que l’on puisse te voir sans tes beaux cheveux blancs ! Après ton décès, ton amoureuse m’a montré une photo de toi dans tes derniers jours avec ta boule à zéro. Tu irradiait Jean Pierre C’est toi la lumière ! ça n’a jamais été tes cheveux !.

Tu étais bon naturellement, quand je me suis retrouvé sans local où poser mon bureau, mes collègues depuis + de 10 ans ne se sont pas proposés pour me faire un peu de place dans le leur. Toi tu ne me connaissais que depuis 6 mois à peine et tu m’as accueilli dans ton placard. J’ai passé un année merveilleuse avec toi, j’adorais t’entendre rire, c’était musical et communicatif. Toutes mes pitreries faisaient mouche et j’en faisais des tonnes.

En 2001 quand j’ai décidé tout de go d’arrêter la clope, tu as arrêté de fumer dans le cagibi pour me donner un maximum de chance de réussir. Tu serais fier de moi, je n’ai pas repris …C’est comme les quelques fois que nous allions ensemble manger à midi, chez la mémé et que tu voulais à tout prix me faire aimer la cervelle de canut sous prétexte qu’elle la faisait aussi bonne que ta grand-mère.

Je te vois aussi, les jours ou tu revenais des chez le coiffeur, bien coiffé rasé de prés et sentant la cocote, car tu lui faisait mettre 2 tonnes d’après rasage, je te traitais  de précieuse et tu me traitais de « post-soixanthuitarde ».

Quand tu courrais, on se serait cru dans un film de Buster Keaton et sans pitié, je mettais dans le mille à chaque fois, tu prenais des crises de fou rire en t’identifiant au personnage.

J’ai des tonnes d’anecdotes qui me relient à toi elles me font toutes rire. Et pourtant, tu avais de quoi pleurer, la vie ne t’avait pas épargné. Lorsque la faucheuse a cueilli ton fils sur un bord de route un soir du mois d’août 1999, un peu de toi est parti avec. Tu ne voulais pas vivre, mais tu ne te donnais pas le droit de le rejoindre, car tu voulais, disais-tu,  être là pour aider sa maman  à refaire surface.

Tu me confiais parfois tes doutes, tu n’avais pas peur de la mort, tu craignais l’ « après-vie », c’était tes mots. En cachette de tous et avec ma complicité, tu as commencé à la préparer cette période, tu voulais être sur de rejoindre ton fils, ta mère et ta grand-mère. Tu croyais en dieu et en une vie après la mort. Tu as fait toutes les démarches qui te semblaient nécessaire à être prêt lorsque ton heure arriverait. Tu as tout choisi, jusqu’à ton épitaphe, tu préparais ton passage de l’autre côté du miroir, tu voulais aller le rejoindre. Le suicide n’était pas envisageable pour toi, mais tu t’es émietté peu à peu, ta santé s’est effritée dans une grande sérénité de ta part tu n’arrivais plus à croire à cette vie sur terre. Je crois que tu as lâché prise Jean Pierre, tu t’es sauvé avec beaucoup de lucidité, de dignité et de prestance. Tu étais distingué dans tout ce que tu faisais, tu n’as pas failli dans ton départ.

En dehors de ta famille, nous étions tous là, tes anciens amis d’école de Lyon, tes anciens collègues de Paris et tous ce que tu avais adopté en choisissant Marseille. Tu aurais été comblé, de voir tout ce monde réuni pour toi.

Quand tes cendres sont allées rejoindre ton marin de fils au large en Méditerranée, j’ai compris que je ne te reverrai jamais, mais je n’ai pas voulu y croire ; je ne t’avais pas dit au revoir. Pourtant une semaine avant tu as tenté de m’appeler j’étais en déplacement et lorsque je suis revenue, j’ai appelé de suite la clinique, mais les métastases avaient pris ton cerveau et tu ne pouvais plus parler… Je n’ai pas pu te dire au revoir.

Je me sens triste mais apaisée, j’ai pris la décision de t’écrire une dernière fois, justement pour te dire au revoir et comme je ne sais où poster, ma lettre, je vais la mettre dans mon blog. Ainsi, d’autres vont te connaître et ils t’aimeront comme je t’ai aimé.

Tu me manqueras… mais  maintenant je vais pouvoir faire mon deuil… Adieu Jean Pierre pour moi il n’y a pas de miroir à double face.

 

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commentaires
  1. . dit :

    Je pens que l\’homonymat n\’est pas facile
    Faudra que tu me développes cela
    La vie est elle un éternel recommencement ??
    A+
    @jp
     
     

  2. Ambre dit :

     
    Bonjour Rejanie
     
    Ton texte m\’a ému au plus profond de mon être… j\’essuie mes larmes là en te postant mon com\’…
     
    Merci aussi d\’être venue te poser chez moi ainsi nous avons fait connaissance…
     
    Je te souhaite un bon dimanche et à bientôt
     
    Ambre
     

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