Madrid, corazón de España, – Rafael ALBERTI

Publié: 1 avril 2007 dans Poésie des autres

Pour tous les réfugiés espagnols (et leurs enfants) qui ont cru un court moment en la liberté en l’égalité et en la justice mais qui ont dû fuir leur terre pour s’exiler ailleurs et pour bon nombre en France.

A mon Père….  qui rêvait de revanche mais qui n’a pas eu le temps de la vivre à 1/2 journée près, il y aura 30 ans le 4 juillet…

 

 Madrid, corazón de España – Rafael Alberti (1902-1999)

Madrid, corazón de España,
late con pulsos de fiebre.
Si ayer la sangre le hervía,
hoy con más calor le hierve.
 
Ya nunca podrá dormirse,
porque si Madrid se duerme,
querrá despertarse un día
y el alba no vendrá a verle.
 
No olvides, Madrid, la guerra;
jamás olvides que enfrente
los ojos del enemigo
te echan miradas de muerte.
 
Rondan por tu cielo halcones
que precipitarse quieren
sobre tus rojos tejados,
tus calles, tu brava gente.
 
Madrid: que nunca se diga,
nunca se publique o piense
que en el corazón de España
la sangre se volvió nieve.
 
Fuentes de valor y hombría
las guardas tú donde siempre.
Atroces ríos de asombro
han de correr de esas fuentes.
 
Que cada barrio, a su hora,
si esa mal hora viniere
-hora que no vendrá- sea
más que la plaza más fuerte.
 
Los hombres, como castillos;
igual que almenas, sus frentes,
grandes murallas sus brazos,
puertas que nadie penetre.
 
Quien al corazón de España
quiera asomarse, que llegue,
¡Pronto! Madrid está lejos.
Madrid sabe defenderse
con uñas, con pies, con codos,
con empujones, con dientes,
panza arriba, arisco, recto,
duro, al pie del agua verde
del Tajo, en Navalperal,
en Sigüenza, en donde suenen
balas y balas que busquen
helar su sangre caliente.
 
Madrid, corazón de España,
que es de tierra, dentro tiene,
si se le escarbara, un gran hoyo,
profundo, grande, imponente,
como un barranco que aguarda…
Sólo en él cabe la muerte.
*****************************************************************************
Madrid Coeur d’Espagne
Pulsations avec des pointes de fièvre
Si hier le sang lui bouillait
Aujourd’hui avec plus de chaleur il bout
 
Maintenant plus jamais elle ne pourra dormir
Car si Madrid s’endort
Elle voudra se réveiller un jour
Et l’aube ne viendra pas la voir
 
N’oublie pas, Madrid, La guerre ;
N’oublies jamais qu’en face
Les yeux de l’ennemi
Te jettent des regards mortels
 
 
Des faucons font une ronde dans ton ciel
Ils veulent se précipiter
Sur tes toits rouges,
Tes rues, tes gens courageux.
 
Madrid : Que jamais l’on ne dise
Que jamais l’on ne publie ou l’on pense
Que dans le cœur d’Espagne
Le sang s’est transforme en neige
 
 
Des sources de valeurs et de Qualité
Tu les gardes comme toujours
D’Atroces rivières d’étonnement
Doivent courir de ces sources
 
Que chaque Quartier, à son heure,
Si cette mauvaise heure venait
-heure qui ne viendra pas – soit
Plus que la plus forte place
 
Les hommes, comme des châteaux
Pareils à des créneaux, leurs fronts,
Leurs grandes murailles, leurs bras
Portes que personnes ne pénètre
 
 
Qui au cœur d’Espagne
Voudra se pencher, qu’il vienne
Bientôt ! Madrid est loin
Madrid sait se défendre
Avec les ongles, les pieds, les coudes
En poussant, avec les dents,
Ventre en avant, sauvage, droit
Dur, au pied de l’eau verte
Du Tage, à Navalperal,
À Siguënza, ou sifflent
Des balles et des balles qui cherchent
À geler votre sang chaud
 
 
Madrid, Cœur d’Espagne
Qui est de terre, à l’intérieur contiendrait,
Si on creusait un grand trou
Profond, grand, imposant
Comme un ravin qui attend
Et en lui seul contient la mort

 

 

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commentaires
  1. . dit :

    Chaque pays à une terrible histoire pour ses Hommes mais l\’essentiel c\’est de rester fière de son pays même si certains  ne l\’ont revu
    Je tire mon chapeau à cette intégration bien involontaire réussie.
    @jp

  2. Ne plus utiliser dit :

    Pensée à tous les gens obligés de fuir et de s\’exiler…
    Merci pour ton passage et tes justes paroles. Oui, prendre confiance en soi… Parfois les difficultés passées ternissent l\’image que l\’on a de soi. Mais on avance de ses erreurs même souvent, et heureusement.
    Amicalement.
    Mourka

  3. MicheLLe dit :

     On ne peut pas oublier ces moments terribles en  l\’Espagne…et le courage de ce peuple.. et celui de tous ceux qui ont recommencé ailleurs leur vie..;
    merci de ton passage et de tes mots..
    @M

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