Décès du violoncelliste Rostropovitch – 27 avril 2007

Publié: 28 avril 2007 dans Musique

Départ d’un géant …..

 

Article issu de  Cyberpresse

 

 2 autres articles :

 

 

Décès du violoncelliste russe Rostropovitch

 

Agence France-Presse

 

Moscou
 
Armé de son seul instrument, jouant du Bach au pied du mur de Berlin. C’est l’une des images fortes qui restera du grand violoncelliste et chef d’orchestre Mstislav Rostropovitch, qui vient de mourir à l’âge de 80 ans.
 
Défenseur des droits de l’Homme et des dissidents, déchu de sa nationalité soviétique dans les années 70 après avoir hébergé l’écrivain Alexandre Soljenitsyne, le musicien souffrait d’un cancer de l’intestin.
 
Hospitalisé en février à Paris et soigné le même mois dans un établissement moscovite spécialisé dans le traitement du cancer, Rostropovitch était apparu très amaigri, faible – mais heureux – lors de la réception donnée en son honneur le 27 mars par le président Vladimir Poutine pour célébrer son 80e anniversaire au Kremlin.
 
Celui que tous ses amis appelaient «Slava» était revenu en Russie le mois dernier après avoir vécu des années durant dans la capitale française.
 
Plusieurs agences de presse russes ont rapporté vendredi qu’il avait été une nouvelle fois hospitalisé voilà plusieurs jours. Sa porte-parole, Natalia Dollezhal, n’a pas fourni de précisions dans l’immédiat.
 
Le président Vladimir Poutine a qualifié la mort de Rostropovitch de grande perte pour la culture russe, et a présenté ses condoléances à ses proches, selon les agences de presse russes.
 
Considéré par beaucoup comme le plus grand violoncelliste vivant, Mstislav Rostropovitch s’était exilé d’URSS avec sa femme et leurs deux filles en 1974, après avoir hébergé chez lui pendant quatre ans le plus célèbre des dissidents, Soljenitsyne, l’auteur de L’Archipel du Goulag. Quatre ans plus tard, le musicien et son épouse, la cantatrice Galina Vichnievskaïa, ex-grande diva du Bolchoï, étaient déchus de leur nationalité soviétique. Avant d’être réhabilités en 1990 par Mikhaïl Gorbatchev, dernier président de l’URSS.
 
L’année précédente, Rostropovitch avait ému le monde entier quand, armé de son seul violoncelle, il était allé jouer Bach au pied du Mur de Berlin le 11 novembre 1989, deux jours après la chute de ce symbole de la guerre froide et de la division de l’Europe.
 
Mais depuis qu’il n’était plus soviétique, «Rostro» n’avait jamais voulu acquérir de nouvelle nationalité, préférant rester apatride car ainsi citoyen du monde.
 
«Je me sens l’homme le plus heureux du monde», avait lancé le musicien le 27 mars au cours de la cérémonie organisée dans une salle du Kremlin, ornée pour l’occasion de décorations en forme de violoncelles. «Je serai encore plus heureux si cette soirée vous est agréable», avait-il ajouté, avant d’être décoré par Poutine des insignes de l’Ordre du service à la patrie, prestigieuse médaille russe.
 
Avant cette réception suivie d’un dîner de gala et d’un concert, le président russe avait publié un communiqué rendant hommage au brillant violoncelliste mais aussi défenseur des droits de l’homme, de la liberté de pensée et combattant intransigeant des idéaux de la démocratie.
 
«Tout au long de votre vie et de votre oeuvre créatrice, vous avez montré à de nombreuses reprises que l’art et la morale ensemble se complètent l’un l’autre et constituent un seul et même objectif», avait écrit Vladimir Poutine.
 
Parmi les invités attendus à cette célébration, le président de l’Azerbaïdjan – ex-République soviétique -, dont la capitale Bakou avait vu naître Rostropovitch le 27 mars 1927, déjà dans une famille de musiciens: sa mère était pianiste, son père violoncelliste.
 
«Slava» avait commencé le piano à l’âge de quatre ans avant de se tourner trois ans plus tard vers l’instrument qui devait le rendre mondialement célèbre, puis d’étudier au Conservatoire de Moscou.
 
Le 26 mars dernier, un concert avait été donné en son honneur au prestigieux Conservatoire de Moscou en présence notamment du violoniste Maxime Vengerov et du quatuor Borodine.
 
Parmi ses élèves devenus à leur tour de talentueux violoncellistes figurent Jacqueline du Pré, Mischa Maïsky, Natalia Gutman, David Geringas, Han-Na Chang ou encore David Finckel.
 
 
 
Les grandes dates de Mstislav Rostropovitch
 
Voici les grandes dates de la vie du violoncelliste et chef d’orchestre russe Mstislav Rostropovitch, décédé vendredi à l’âge de 80 ans.
 
– 27 mars 1927 : Naissance de Mstislav Léopoldvitch Rostropovitch à Bakou (Azerbaïdjan).
– 1943 : Au conservatoire de Moscou, devient l’élève du compositeur Dimitri Chostakovitch auquel il restera très lié.
– 1945 : Premier prix au Concours général de violoncelle à Moscou.
– 1951 : Obtient le prix Staline, alors la plus haute récompense en Union soviétique, qui lui sera décernée une seconde fois en 1953.  
– 1955 : Épouse Galina Vichnievskaïa, cantatrice du Bolchoï. Le couple aura deux filles.  
– 1956 : Première prestation au Carnegie Hall de New York.  
– 1964 : Prix Lénine.  
– 1966 : Distingué comme Artiste du peuple de l’URSS.  
– 1967 : Dirige Eugène Onéguine de Tchaïkovsky au Bolchoï.  
– 1970 : Recueille et soutient ouvertement l’écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne.  
– 1974 : Chassé d’Union soviétique.  
– 1977 : Crée à Paris le concours de violoncelle qui porte son nom et fonde les Rencontres musicales d’Évian.
– 1977-1994 : Directeur musical de l’Orchestre symphonique national de Washington.  
– 1978 : Déchu de sa nationalité.  
– 1980 : Donne un concert à Paris en hommage au scientifique dissident Andreï Sakharov.
– 1987 : Élu à l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France.
– 1988 : Retour du couple en URSS.
– 1989 : Célèbre la chute du mur de Berlin en improvisant un concert au pied de l’édifice. Les images du violoncelliste jouant du Bach au milieu des ruines du mur effondré feront le tour du monde.  
– 1990 : Recouvre sa nationalité.  
– 2005 : Célèbre ses 50 ans de mariage.  
– 2006 : Devient représentant spécial de l’Onusida et participe aux célébrations du centenaire de la naissance de Chostakovitch.
– 27 mars 2007: il célèbre au Kremlin ses 80 ans.
 

Publicités
commentaires
  1. Marie dit :

    Un grand oui, un très grand même. Il a rejoint le panthéon des musiciens du ciel.

  2. Bernadette dit :

     Un violon ….sur le toit ….du ciel

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s