Un Livre une histoire : Camilla Läckberg L’enfant allemand

Publié: 13 avril 2012 dans Livres

J’aime l’ambiance des polars suédois qui sont assez noirs, sans complaisance et très réalistes, mais en même temps avec un rythme et un suspens qui fait que le lecteur a du mal à se détacher de son livre pour aller faire autre chose. Chaque fois, c’est la même chose, je me sens frustrée lorsque j’arrive à la fin.

Je n’ai pas dérogé à la règle, j’ai adoré les romans de Camilla Läckberg, J’ai lu tout ce qu’il y avait à lire de cette romancière suédoise, sans me lasser, sans trouver de défauts, sauf peut-être dans certains d’entre eux, la perte de d’intérêt pour Erica,le personnage principal de la série, au profit de son policier de mari Patrick.
Mais dans ce dernier roman  non, elle a repris de la consistance, du volume bref… sa place au sein de l’histoire. Ce que j’aime dans cette série de roman (La Princesse des glaces, Le prédicateur, Le tailleur de pierre, L’oiseau de mauvaise augure), c’est qu’il y a « une famille » au sens large qui vit grandit en parallèle de l’intrigue.
On suit ces personnes qui gravitent autour des personnages principaux, Erica et Patrick, qui ont leur propre histoire que l’on a envie de connaître sans que pour autant cela nuit au déroulement de l’intrigue.

Camilla Läckberg

Dans ce roman, Erica trouve dans le grenier de leur maison, une malle pleines de souvenirs gardés par sa mère défunte. Elle est surprise par les souvenirs qui s’y cachent et est intriguée par de petits carnets bleus (journaux intimes que tenait sa mère dans sa jeunesse) une médaille ornée d’une croix gammée ainsi qu’une brassière maculée de sang.

Qui avait été en réalité, la femme qui se cachait derrière cette mère froide et sans chaleur ? Pour en savoir plus, elle contacte un professeur d’histoire à la retraite, Erik Frankel, spécialiste de la seconde guerre mondiale pour connaître l’origine de la médaille.

L’homme qui la reçoit a un comportement étrange qui la met mal à l’aise. Deux jours après sa visite, il est assassiné.
Avec ce cinquième roman, On passe avec délectation de la Suède actuelle où vit Erika vers celle de la seconde guerre dans laquelle, se débat sa mère Elsy, jeune suédoise douce et naïve. On baigne avec ce polar bien noir, dans deux mondes où se confrontent l’Histoire et le dénie de celle-ci par des corpuscules néo-nazis.

On retrouve avec plaisirs les autres personnages déjà connus et notamment Bertil Mellberg qui pour ma part, me fait mourir de rire et qui peut-être à cause –ou grâce- à cela me fait ressentir, cette fois-ci, de la tendresse pour ce personnage.
Une petite nouvelle vient augmenter les rangs du commissariat, Paula jeune femme typée, née dans Chili que sa mère et elles ont fui quelques décennies plus tôt à cause du régime totalitaire que nous connaissons tous.
C’est justement Paula qui a guidé mon choix d’extrait. Pour le remettre dans le contexte -sans pour autant en dévoiler l’intrigue- Paula pour le besoin de l’enquête effectue des recherches sur une organisation néo-nazie « les amis de la Suède »

Frustrée, elle continuait à cliquer. D’où venaient tous ces gens ? D’où sortait toute leur haine ? Elle pouvait concevoir une animosité dirigée contre des individus en particulier, des personnes qui avaient fait du tort à quelqu’un. Mais haïr des gens sans discernement parce qu’ils venaient d’un autre pays, ou pour la couleur de leur peau ? Non elle n’arrivait pas à le comprendre.
Personnellement, elle haïssait les bourreaux qui avaient tué son père. Elle les haïssait au point qu’elle pourrait les tuer sans hésiter si elle en avait l’occasion s’ils étaient encore en vie. Mais sa haine s’arrêtait là, alors qu’elle aurait très bien pu grandir et s’étendre. Elle avait refusé d’y céder. Au lieu de cela, elle l’avait limitée aux hommes qui avaient fait feu sur son père. Sil elle ne l’avait pas limitée, elle aurait fini par détester son pays d’origine. Et comment pourrait-elle faire ça ? Comment pourrait-elle vivre en détestant le pays où elle était née, où elle avait fait ses premiers pas, où elle avait eu ses premiers amis, été assise sur les genoux de sa grand-mère, entendu des chansons le soir à la veillée et dansé lors des fêtes ? Comment pourrait-elle haïr tout cela ?
Mais ces gens… Elle fit défiler le document et lut les colonnes disant que les hommes et les femmes comme elle devaient être exterminés, ou au moins chassés vers leur pays d’origine. Et il y avait des photos. Beaucoup de l’Allemagne nazie, bien entendu. Les photos en noir et blanc qu’elle avait vues tant de fois déjà, des monceaux de corps nus et décharnés jetés comme des déchets dans les camps de concentration. Auschwitz, Buchenwald, Dachau… tous ces noms aux sonorités familières et terrifiantes, pour toujours associés au mal absolu. Mais ici, il y avant ces phalanges aussi. Peter Lindgren en faisait partie. Il soutenait que ça n’avait jamais eu lieu. Que six millions de juifs n’avaient pas été tués, chassés, tourmentés, torturés, gazés dans les camps d’extermination pendant la seconde guerre mondiale. Comment pouvait-on nier une telle chose, alors qu’il en restait tant de traces, tant de témoins ? Comment fonctionnaient les cerveaux tordus de ces gens ?

L'enfant Allemand - photo empruntée au site de la fnac

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commentaires
  1. ermite-athee dit :

    Encore un livre que j’aimerais surement lire…..J’en ai beaucoup « en attente »,mais……
    Bises à toi

    • Réjanie13 dit :

      Ils sont très prenant et celui-ci je l’ai trouvé encore plus que les autres ^^. J’ai attaqué un Anna Gavalda-Ensemble c’est tout- et Ô miracle, j’adore. J’ai bien fait de ne pas lâcher même si je maintiens que les 2 autres que j’ai lu m’ont un à moitié plus -la consolante- et l’autre carrément fait chi.. -Je voudrais que quelqu’un m’att’ende quelque part- ^^

      Là toute la série des Läckberg partent en Allemagne avec Marie. Elle les ramènera (ou pas) lors de sa prochaine visite. Je pense que maintenant ça lui sera plus facile car il y a un train qui fait Francfort -où elle vit- Marseille sans changement. C’est certes 8h, mais c’est tout de même très pratique et là avec la création de la nouvelle ligne très peu onéreux car elle n’a payé que 70€ l’aller Retour. Ce soir elle part passer une semaine chez un ancien copain de Fac et moi je vais reprendre le boulot pfff, c’est trop court finalement.

  2. Asphodèle dit :

    Je ne connais pas du tout Camilla Lackberg (de nom bien sûr) mais tu me tentes ! C’est bien aussi de les lire dans l’ordre. J’ai commencé avec une auteure anglaise (Anne Perry), il y a 23 tomes à ce jour mais j’en ai lu deux en 15 jours (en 4 jours en fait…^^) et je me modère ! J’ai beaucoup aimé tous les Anna Gavalda (en leur temps), j’aimerais qu’elle sorte autre chose mais depuis la Consolante c’est silence radio car le livre avait été mal accueilli à l’époque…
    Je vois que tu reprends le travail ? je t’embrasse 🙂

  3. Réjanie13 dit :

    Pour Anna Gavalda, j’ai commencé par la consolante et j’ai aimé en gros 50 pages au milieu du bouquin et le reste pfff m’a ennuyé au plus profond quant aux second ça été pire. Mais comme Francis et Marie étaient dithyrambique, j’ai essayé de retenter une 3eme et dernière fois et là je suis transportée, j’adore ^^
    Anne Perry, j’en ai lu un qui ne m’a pas transporté, mais je recommencerai pour ne pas rester sur une mauvaise impression. Là entre deux, j’ai lu Philippe Djian Incidences et là pfff, je ne sais pas où j’en suis, je n’ai pas aimé, mais j’ai lu facilement et je n’ai pas détesté c’est plus ambigü ça m’a laissé mal à l’aise Bref, j’attends un peu de décanter pour pouvoir analyser ma sensation, très bizarre ^^

    Bisou la belle à bientôt

  4. Asphodèle dit :

    C’est rigolo quand même la lecture, parce que moi j’ai adoré La Consolante à l’époque ce livre m’avait…consolée peut-être et j’ai aimé les nouvelles « Je voudrais que… » mais je n’avais pas encore mon blog. Sûr que je ne lis plus de la même façon… Les Anne Perry sont savoureux pour ce qu’ils nous apprennet des codes de la société (bourgeoise et plus^^) à l’époque victorienne, sinon ce n’est pas de la grande littérature mais ça a le mérite d’être très bien écrit et par les temps qui courent, cela devient chose presque rare !!! Je viens d’en finir un de 400 pages en partenariat avec le Livre de poche, Madonna, une horreur ! Je ne l’ai pas lâché (mieux valait pas) mais l’écriture, l’absence d’écriture serait plus juste m’a retourné l’estomac !! Je sature avec la littérature contemporaine, très contemporaine… J’avais commencé Journal d’un tueur sentimental que tu m’as envoyé et je n’ai pas accroché, je vais quand même le reprendre et s’il me tombe des mains je n’insisterais pas ! 🙂

    • Réjanie13 dit :

      Sépulveda est spécial, c’est vrai
      Quant à la grande littérature, ce n’est pas ma conception de la lecture. Pour moi, il faut que ça rime avec plaisir et que ce soit tout de même français 😆 c’est ce qui m’a déplu dans la consolante, c’est qu’elle a voulu un style « jeun’s » et pour ça j’écoute du rap, je ne lis pas un bouquin … après si d’aucun estiment que c’est de la daube, mais que moi, je passe un bon moment, ça me va ^^
      Bisous et vonne semaine

  5. Lystig dit :

    je n’ai pas encore lu de livres de cette auteur !!!!

  6. Lystig dit :

    ce serait volontiers, mais j’ai tant de livres à lire que je risque de les garder un peu longtemps !

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