Un livre une histoire : Valérie Saubade – Happy Birthday Grand-mère

Publié: 26 février 2014 dans Livres

 

Quatrième de couverture :

« J’ai décidé hier après-midi de tuer ma fille. A quatre-vingts ans, cela ne va pas être facile. D’autant que je me déplace en fauteuil roulant. « . Mais cette octogénaire hémiplégique est bien déterminée à parvenir à ses fins. Car entre mère et fille, la haine est réciproque et implacable. Ancienne pianiste, adulée par les hommes, despotique, Eléonore ne s’est jamais préoccupée de personne sauf d’elle-même. Terne et aigrie, sa fille Elisabeth attend de pied ferme l’héritage. Et soigne sa mère indigne de façon très personnelle… »

 

L’auteure : Née en 1966 a fait d’abord carrière dans le journalisme avant de se lancer dans l’écriture de romans. Happy Birthday grand-mère a été son premier roman et il a eu un franc succès. Elle exerce aujourd’hui comme prof de français à l’Alliance française de Bordeaux.

J’avais déjà lu de cette auteure  « Marche arrière » et  « les petites sœurs ». J’avais été conquise alors tout naturellement, j’ai fini par lire  « Happy Birthday Grand-mère »… Dire que j’ai aimé c’est peu dire ^^, j’ai adoré

Mon ressenti :

Suite à un AVC, la narratrice Eléonore, femme octogénaire se retrouve, coincée dans un fauteuil, muette et hémiplégique. Sous prétexte de s’occuper de sa mère, sa fille Elisabeth et son gendre Michel viennent s’installer chez elle. Et là commencent le calvaire de cette vieille femme.
Les deux femmes n’ont jamais eu de rapports d’affection et cette situation ne fait qu’aggraver la situation. Oh la narratrice ne se laisse pas « faire » malgré son lourd handicap et elle fait face au mieux aux maltraitances mesquines et insidieuses que lui fait vivre sa fille. La mort subite de sa dame de compagnie va accélérer la situation, mais Charlotte  sa nouvelle gouvernante soufflera un air de liberté auprès d’Eléonore…

C’est féroce et drôle à la fois, même si l’on ne peut s’empêcher de grincer des dents parfois tellement les situations sont sordides et mesquines.

C’est tellement bien vu, l’auteure a décortiqué la relation mère fille dans la haine, l’avidité et la répulsion de l’autre. Elle aborde là une situation qui peut paraître surréaliste mais qui traite avec beaucoup de recul et de lucidité de la dépendance,  la vieillesse, la maltraitance mais aussi de l’amitié et de l’amour … Rien ne nous est épargné mais c’est superbement bien écrit on ne s’ennuie pas une seconde

Un extrait :

J’avais donc décidé d’aller chez le notaire pour me venger des humiliations qu’Élisabeth m’infligeait. Je savais qu’elle était obsédée par la perspective d’hériter de notre maison de famille. Et très inquiète à l’idée que je décide d’avantager son demi-frère. Brian vivait aux Etats-Unis et ne venait me voir qu’une fois tous les deux ans. Comme feu son père, il était brillant mais un peu volage.

Pour Élisabeth, occuper le terrain – c’est-à-dire ma maison – semblait le plus sûr moyen de parvenir à ses fins. Sans doute s’imaginait-elle ainsi pouvoir contester un héritage défavorable, en arguant qu’elle s’était occupée de moi jusqu’à ma mort. Quoi qu’il en soit, elle se montrait excessivement préoccupée chaque fois qu’une rencontre avec mon notaire était organisée. D’autant qu’en dépit de mon handicap, je parvenais à lui interdire d’assister à ces entretiens confidentiels.

A l’issue de chacun de mes rendez-vous avec Charles de Beaulieu, Élisabeth me jetait un regard interrogateur, parfois proche de la panique lorsque je la toisais d’un air moqueur. Un plaisir innocent dont je ne me privais pas. D’autant que durant les deux jours suivant ces visites, ma fille redoublait d’attentions à mon égard.

Ma visite chez mon ami Charles de Beaulieu avait également pour but de rappeler à ma fille que, même physiquement diminuée, j’étais encore propriétaire des lieux. Élisabeth ne manifestait pas une tendresse excessive à mon égard, mais il était clair qu’elle s’était prise d’une grande affection pour ma maison. C’était peut-être le seul sentiment que nous partagions, elle et moi.

 

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commentaires
  1. Christiane 34 dit :

    Une revenante ?
    Ce livre m’a l’air plutôt féroce ! mais passionnant,
    Moi je suis en pleine guerre féodale, à la conquête de l’Angleterre au côté du duc Guillaume de Normandie,
    Et oui je suis plongée dans « Les chevaux de la mer » de Jocelyne Godard;
    Bon week end, il s’annonce radieux !

    • Réjanie13 dit :

      Ben oui, et non ^^. J’ai eu envie de partager ce livre avec vous ici ar je l’ai aimé passionnément et que si je ne le faisais de suite, je ne le ferai plus 😀

      Bon WE à toi aussi Christiane dans ce printemps précoce

  2. trigwen dit :

    Un livre qui semble montrer des sentiments les plus bas qui puissent exister : haine, cupidité, lâcheté, vengeance, mesquinerie et jalousie. Ce livre, même s’il est un roman peut tout de même nous rappeler que dans certaines familles, il existe bien ce genre de situation, en particulier quand l’héritage est considérable.
    Non loin de chez moi, je connais deux enfants, un fils et une fille, qui ont quitté leurs parents voici 30 ans. Jamais ceux ci n’ont connu leurs gendre et leur bru et encore moins leurs petits-enfants.
    Et voici deux ans, un des parents, âgé de 85 ans a disparu. Seule est resté la mère. Comme par hasard, les enfants sont arrivés 15 jours après l’enterrement et se relaient pour « s’occuper » de leur mère qui a 83 ans.
    Malheureusement pour eux, elle a toute sa tête et son mari avait changé le testament faisant des enfants les nus propriétaires de la moitié de ses biens immobiliers et de ceux de sa femme, biens qu’ils ne peuvent donc vendre. La moitié des autres biens immobiliers est allés à des associations caritatives, à des neveux et nièces et à la paroisse.
    Pour ce qui est des meubles, ils ont agi de même. Il n’empêche qu’il reste une somme coquette et les enfants en font voir de toutes les couleurs à leurs mère. Grâce à Dieu, un voisin s’est aperçu de leur manège et a prévenu la gendarmerie en leur disant qu’ils soupçonnait les enfants de harceler leur vieille mère pour l’achever moralement et physiquement.
    Ils sont venus enquêter et cela s’est soldé par un jugement d’éloignement des enfants.
    A mon avis, quand cette femme décèdera, les enfants indignes ne trouveroont que la part légale qui leur revient et ils vont tomber de haut.

    • Réjanie13 dit :

      ça me laisse toujours songeuse ce type de réaction des descendants…
      Là tu sites les enfants mais dans la mienne, j’ai connu ce type d’attitude vers une cousine germaine qui a été spoliée de son vivant par une voisine peu regardante… Le temps que mon autre cousin germain qui vivait à côté d’elle est compris ce qui se tramait et qu’il arrive à faire réagir les autorités espagnole conséquentes, la fameuse voisine avait disparu de la circulation et ma cousine s’est retrouvé indigente et a été placée dans un espèce d’hospice réservée aux personnes sans ressources … C’est ignoble mais c’est la vie

      Et ce roman montre bien ce côté sordide de l’appât du gain mais aussi des rancunes remontant à l’enfance… Beaucoup de réalisme sans compassion dans cette histoire

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